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Madame la Ministre,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
C’est un grand honneur d’être parmi vous ce matin pour participer à cette séance sur le dialogue des civilisations qui est central dans le rôle de l’institut du monde arabe en France , en Europe et dans le monde arabe. |
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Par opposition à l’idée du « clash entre civilisations », et plus précisément entre la civilisation occidentale et l’Islam, attribuée à tort ou à raison à Samuel Huntington, une notion s’est imposée ces dernières années, aussi bien dans les instances internationales qu ‘à l’échelle des Etats et des sociétés civiles : celle du « dialogue entre civilisations ». Notion à vrai dire assez vague, et qui prête à différentes interprétations dans la mesure où il n’existe pas de définition acceptée par tous du mot « civilisation ». C’est pourquoi l’on préfère dans beaucoup de pays parler d’« un dialogue des cultures », encore que cette notion elle-même suscite des interrogations sur l’étendue de son champ d’application. A cet égard, pour la clarté du débat, il est nécessaire de souligner d’entrée de jeu qu’un « dialogue entre cultures » suppose que ces cultures partagent un certain nombre de valeurs morales élaborées et affinées au cours des siècles et des millénaires, et axées toutes sur la dignité de l’être humain. Mais pour qu’un dialogue s’engage, une fois établi ce principe de base, il faut aussi que ses protagonistes reconnaissent le droit à la différence et qu’ils se respectent mutuellement, c’est à dire qu’ils soient sincèrement convaincus que leur échange doit être fondé sur l’égalité et la réciprocité. Deux obstacles limitent à l’heure actuelle la portée de ce dialogue. Le premier, c’est la réduction, volontaire ou involontaire, de la culture à la religion, et cela dans la plupart des forums consacrés à ce thème. Ce qui met forcément face à face, en état d’émulation, des croyances ancrées au plus profonds des âmes humaines et notoirement irréconciliables. Certes, tout dialogue inter-religieux est souhaitable, ne serait-ce que parce qu’il présuppose des deux côtés une certaine disposition à la tolérance. Il n’en reste pas moins que les cultures qu’il s‘agit de faire dialoguer devraient être comprises dans leur acception la plus large, englobant ainsi le sacré et le profane, le savant et le populaire, l’ancien et le moderne. Le second obstacle, lié au premier, réside dans la tendance à uniformiser les cultures nationales, à les figer dans une époque historique, une région géographique, une classe sociale, à nier par conséquent, et la diversité culturelle à l’intérieur des frontières de tel ou tel Etat, et la présence dans chaque culture d’éléments, parfois considérables, empruntés à d’autres cultures. Si la mondialisation entraîne inévitablement une standardisation culturelle, elle provoque aussi des crispations identitaires qui se manifestent tant par le rejet des cultures étrangères que par la négation des cultures minoritaires. Nous devons prendre sérieusement en considération ces obstacles et ces écueils si nous voulons qu’un véritable dialogue s’instaure entre les cultures, surtout celles qui paraissent aujourd’hui, pour des raisons le plus souvent politiques, très éloignées l’une de l’autre. Dialogue que les appareils d’Etat doivent favoriser en suscitant dans tous les milieux, et d’abord à travers le système scolaire, une saine curiosité pour la langue, la littérature, la musique, l’histoire, la géographie etc. des autres peuples. Cependant, il est évident que les institutions publiques ne peuvent accomplir cette tâche à elles seuls : les organisations de la société civile ont à y jouer un rôle de première importance de manière à ce que les citoyens des différents pays parviennent à se connaître et à se reconnaître comme des hommes et des femmes, certes différents, mais appartenant à une même humanité. La révolution à laquelle nous assistons dans le domaine de l’information et de la communication ouvre devant eux des perspectives qui étaient jusque là inimaginables, leur offrant, justement, les moyens d’un échange sans entraves et leur permettant, en même temps, un accès plus aisé aux savoirs. Nous savons qu’à l’échelle mondiale, l’Unesco assume une grande responsabilité dans le dialogue que nous appelons de nos vœux. Je pense cependant qu’en région méditerranéenne, un instrument comme l’Institut du monde arabe, qui a déjà fait ses preuves durant ses vingt ans d’existence, pourrait y contribuer de façon particulièrement efficace…[présentation du rôle de l’IMA].
En conclusion,
La laïcité est le concept le plus approprié pour éviter les dérives que fait peser sur les sociétés la confusion du religieux et de la politique. Elle suppose que l’Etat respecte scrupuleusement les libertés fondamentales dont la liberté de pensée de tous et celle de la personne humaine. Mais elle suppose aussi que les apports des religions au développement des sociétés soient explicitement reconnus, comme ils le sont désormais dans de nombreux cas ; en contrepartie de quoi les religions s’interdisent de s’immiscer dans le champ politique.
Au-delà de la laïcité, le dialogue interreligieux et celui des cultures doivent être permanents et toujours approfondis. Ils sont à l’ordre du jour de tous les évènements qui surgissent dans le monde, de toutes les conférences, symposiums, séminaires et colloques, de toutes les actions qui sont conduites pour parvenir à la paix dans les pays en crise. Puisse la culture de la paix envahir les esprits de notre temps. |
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