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  Discours du président d la communauté israélite de Fès-Sefrou-Oujda
 
 

Messieurs les Ministres, Excellences, Mesdames et messieurs

C’est pour moi un honneur et un plaisir d’avoir été invité par le Congrès international sur les civilisations et la diversité culturelle, en tant que président et représentant de la communauté Israélite.

 
       
 

L’arrivée et l’installation des juifs au Maghreb, et plus particulièrement au Maroc, daterait selon les historiens aussi bien Anciens que Modernes, de plus de deux mille ans, soit donc bien avant l’Ere Chrétienne et bien sur avant l’Hégire, comme l’attestent plusieurs faits et témoignages directs que nous n’avons pas le temps de rapporter tous aujourd’hui. N’a – t-on pas décrit l’existence de micro états Juifs indépendants disséminés un peu partout en Libye, Tunisie, dans le plateau des Aurès, (Algérie), où a régné sans partage la légendaire Reine judéo Berbère «  La kahéna », défiant de sa haute stature bien des armées Arabes. Plus proche de chez nous, dans la province de Taounate, il existe encore de nos jours, deux Tribus, aux noms de « Oulad Alyan et Oulad Amran ». Or l’étude toponymique de ces deux noms ne trouve aucune racine Arabe ni Berbère. Par contre « Alyane » n’est autre que l’un des 26 noms hébraïques attribués par la Thora à Dieu. Quand à Amran, c’est un nom qui est très usité dans la Thora, et plusieurs familles juives, ont pour prénom ou patronyme familial « Amran ».

Dans le sud Marocain existe encore de nos jours le petit porte de « Assa », or ce nom n’a ni racine Arabe ni Berbère : par contre avant « Jésus-Christ », a régné un roi juif précisément au nom de Assa. Quand à la région de Tamesna, c’est un véritable bouillon de culture, où se côtoyaient et s’entremêlaient les us et coutumes, le social et même parfois le religieux entre Tribus Berbères, Tribus Juives et Arabes, mélangées. Certains Tribus Berbères converties au Judaïsme et inversement des Tribus Juives converties à l’Islam, cohabitant en parfaite et intelligente symbiose. On a même décrit l’existence de maison mixtes où une famille juive occupait quelques pièces et une famille Berbère occupant les autres pièces. Mais le patio où jouaient les enfants était commun, la terrasse où l’on étendait le linge était commune mais fait extraordinaire la cuisine également était commune. Or la règle la plus élémentaire de l’alimentation chez les juifs, c’est l’interdiction du mélange viande et lait. Alors pour être en parfaite harmonie avec la famille juive, la famille Berbère observait strictement aussi cette règle de la cacheroute. Voilà un exemple magnifique même de compréhension et de complémentarité religieuse.

D’ailleurs le nom Tamsna n’a ni racine Arabe ni Berbère. Par contre il est composé du préfixe berbère « Ta » et « Mesna » qui n’est autre que le remodelage Berbère de Michna qui signifie simplement Thora. D’où Tamechna ou Tamesna. Ce fut donc une véritable fusion inter culturelle pour ne pas dire une confusion civilisationnelle. Cet exemple typique marocain est unique dans les annales de l’histoire mondiale des civilisations et cultures. Rappelons un fait assez récent : lorsque le roi Idriss Premier arriva à la tête de ses Armées aux portes de notre ville et qu’il ordonna à ses soldats de creuser les fondations de celle qui devait devenir la capitale spirituelle du Royaume, à savoir Fès, quel ne fut leur étonnement lorsqu’ils se retrouvèrent face à des vestiges de synagogues et de maisons juives. D’ailleurs le judaïsme Marocain n’a pas encore révélé tous ses secrets qui sont encore enfouis en terre Marocaine, et les Historiens tentent d’en percer actuellement le mystère profond par une approche toute moderne : Simplement par l’étude analytique et toponymique de mots, d’expressions de noms ou de racines hébraïques issus directement de la Thora puis digérés, phagocytés et assimilés lentement au fil des ans et des siècles par une culture, une religion, une société et une tradition maghrébines particulièrement hospitalières.

Je rappellerai en passant que cette pluriculture a été enrichie de touches Andalouses apportées par les juifs expulsés d’Espagne au 12e siècle et dont le plus prestigieux d’entres eux n’était autre que le philosophe Moussa Ibn Maîmoun, que la tradition juive appelle Harambam et que l’Occident connaît plus volontiers sous le nom de Maimonide lequel , ayant fuit l’Andalousie est venu avec sa famille se réfugier à Fès attiré qu’il était par le phare culturel de la capitale spirituelle du Royaume, qui rayonnait au – delà de nos frontières . C’est donc à Fès qu’il a continué ses études, qu’il a entrepris d’écrire son œuvre immense aussi bien en Hébreu qu’en Arabe afin « que tout le monde puisse en profiter » disait – il et dont la principale fut le « Guide des Egarés » (Dalil El Haîrine), où il démontre que la philosophie juive de l’époque n’était autre que la philosophie remodelée d’Aristote. On sait aussi que c’est avec des penseurs, des philosophes et scientifiques arabes que Maimonide discute et polémique en toute liberté, chacun défendant âprement ses idées tout en gardant intacte son identité et respectant celle de l’autre. Maimonide ayant été le symbole même de cet esprit interculturel grâce à la cohabitation exemplaire entre juifs et musulmans dont le Maroc a toujours été la terre de prédilection par excellence et qui fut d’ailleurs la base de la philosophie et de la politique Moyen Orientale de Feu Sa Majesté HASSAN II : « la réconciliation de tous les fils d’Abraham ».

C’est d’ailleurs pour rendre hommage à cette fusion des cultures que le romancier Herbert le PORRIER a dédié un ouvrage consacré à Maimonide et qui s’appelle le « Médecin de Cordoue », où l’on peut lire dans l’une de ses célèbres pages : « ce fut un mariage d’amour et de raison, qui associait l’âme et la chaire, la liberté de soi et le respect d’autrui, les courants de fonds et les remous de surface. «  Ce fut le miracle de Cordoue ». C’est d’ailleurs aussi, dans le même esprit, que le célèbre grammairien Ibn QORAICH, dans une épître célèbre adressée à la communauté Juive de Fès conseillait de ne pas lire la Thora uniquement en Hébreu mais aussi traduite en Araméen et en Arabe pour que tout le monde puisse en tirer le plus grand profit interculturel . C’est ainsi par exemple que nos prières sont récitées et psalmodiées sur les mêmes refrains et les mêmes airs aussi bien dans les Synagogues que dans les Mosquées, avec une connotation Andalouse, dans la plus belle des mélodies musicales. Je vous informe à ce sujet d’un projet de création par la communauté d’un centre culturel international judéo musulman au nom de : « Ibn QORAICH » dans la synagogue «  El Fassiyine » du Mellah de Fès datant du 17e siècle et classé « Monument historique d’intérêt universel » par L’UNESCO et le Ministère de la culture. Malheureusement ce volet de la culture juive a été occulté historiquement par la rue, l’école ou la famille, à telle enseigne que les jeunes de la génération d’aujourd’hui se posent avec angoisse et raison, la question grave de savoir «  qu’est ce qu’un juif, sa culture et comment a –t- il pu vivre ou même survivre en bonne intelligence en terre Arabe », alors que le Judaïsme marocain, riche et plus que deux fois Millénaire, a marqué de traces indélébiles bien des étapes essentielles dans l’histoire prestigieuse du Judaïsme Mondial .

Mesdames, Messieurs, Avant de terminer, je souhaiterai profiter de cette Tribune pour lancer un appel solennel et pressent à la formidable jeunesse de notre pays pour qu’elle retrouve la mémoire collective et s’intéresse davantage à cette recherche de la culture juive, qui reste une branche essentielle et originale de l’Histoire du Patrimoine culturel du Maroc. Aussi ensemble, si vous le voulez bien, nous ferons en sorte pour que ce ne sera plus seulement le rêve du « Miracle de Cordoue », mais aussi la réalité du « miracle de Fès » Je vous souhaite aussi un grand succès aux travaux du Congrès. Essalam Alaikoum Je vous remercie Chalom Vé Toda

En conclusion,
La laïcité est le concept le plus approprié pour éviter les dérives que fait peser sur les sociétés la confusion du religieux et de la politique. Elle suppose que l’Etat respecte scrupuleusement les libertés fondamentales dont la liberté de pensée de tous et celle de la personne humaine. Mais elle suppose aussi que les apports des religions au développement des sociétés soient explicitement reconnus, comme ils le sont désormais dans de nombreux cas ; en contrepartie de quoi les religions s’interdisent de s’immiscer dans le champ politique.
Au-delà de la laïcité, le dialogue interreligieux et celui des cultures doivent être permanents et toujours approfondis. Ils sont à l’ordre du jour de tous les évènements qui surgissent dans le monde, de toutes les conférences, symposiums, séminaires et colloques, de toutes les actions qui sont conduites pour parvenir à la paix dans les pays en crise. Puisse la culture de la paix envahir les esprits de notre temps.

 
   
       
 
         
         
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السيد عبد الحق عزوزي
   

نحتفل بالذكرى الثانية لتأسيس المركز المغربي متعدد التخصصات للدراسات الاستراتجية والدولية بالذكرى الثانية لتأسيسه فمنذ إحداثه، أصبح المركز مرجعا على المستوى المتوسطي وفي باقي أنحاء العالم في مجال الفكر والدراسة والبحث والخبرة متعددة التخصصات...

     
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الدورة الثانية لمنتدى الاتحاد من أجل المتوسط
 
   

منتدى فاس حول الاتحاد من أجل المتوسط، تحت موضوع "الاتحاد من أجل المتوسط: أية حصيلة لأية آفاق؟"، 27-28-29 ماي 2009.

       
  27-28-29
ماي 2009
 
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الدورة الثانية حول تحالف الحضارات والتنوع الثقافي.
 
    المنتدى العالمي حول "تحالف الحضارات والتنوع الثقافي من الاستراتيجية إلى التفعيل" فاس أيام 15و16و17 نونبر 2009. ...
       
  15-16-17
نونبر 2008
 
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  الدورة الأولى لمنتدى فاس حول "الاتحاد من أجل المتوسط"
 
   

"المؤتمر العالمي حول مشروع الاتحاد من أجل المتوسط: أية حصيلة لأية آفاق؟"
فاس أيام 4و5و6 يونيو 2008.

       
  04-05-06
يونيو 2008
 
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  الدورة الأولى حول تحالف الحضارات والتنوع الثقافي.
 
    المؤتمر الدولي الأول حول تحالف الحضارات والتنوع الثقافي. أيام 23-24-25 نونبر 2007 .
       
  23-24-25
نونبر 2007
 
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Date de derniere mise à jour : 02/07/2009
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