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Fidèles à leurs choix initiaux, la Fondation Esprit de Fès, le Centre Marocain Interdisciplinaire des Etudes Stratégiques et Internationales en collaboration avec la Ville de Fès, et en partenariat avec plusieurs organismes marocains et étrangers, continuent à s’intéresser au processus d’éclosion et de mise en place de l’Union pour la Méditerranée. Ainsi, et après le congrès des 4, 5 et 6 juin 2008 autour du thème de « l’Union pour la Méditerranée : quelles conditions pour quelles perspectives ? » et le forum des 27, 28 et 29 mai 2009 sur : «L’Union pour la Méditerranée : quel bilan pour quelles perspectives ?», ils organiseront les 2 et 3 juin 2010 leur troisième forum autour du thème, « L’UPM face aux enjeux et défis de l’éducation et la culture ».
En Effet, il est indéniable que l’éducation, prise au sens le plus large, constitue l’un des leviers les plus importants et les plus durables pour une meilleure compréhension de l’autre, pour une construction pérenne d’un cadre relationnel international pacifique tant régional qu’universel. Ainsi, et depuis 1974, l’UNESCO n’a pas manqué d’affirmer avec solennité que, « L’éducation … devrait contribuer à la compréhension internationale, au renforcement de la paix mondiale … ». Les fondateurs de l’UPM avaient pour leur part souligné l’importance de l’éducation dès la déclaration inaugurale en mettant la culture et l’éducation parmi l’un des six objectifs initiaux de cette union.
Les problèmes, les défis et les contradictions que connait le champ culturel et éducationnel tant dans les pays de la rive nord que ceux de la rive sud montrent la nécessité de s’atteler à une réflexion profonde quant à leur traitement et leur solution. Bien évidement les pays de la rive sud connaissent avec une plus grande acuité des difficultés liées à la l’analphabétisation, à l’inégalité des chances face au savoir, à la non adéquation des programmes, à l’érosion généralisée du niveau des formations, à la fracture numérique etc. En un mot : des problèmes de gouvernance de l’éducation et de la culture. Le redressement doit être l’une des priorités de la construction méditerranéenne car il en est une des conditions fondamentales de réussite.
Il va sans dire que cette action ne peut faire l’économie du traitement sans complaisance :
- à l’échelle interne des questions de bonne gouvernance, de transparence de l’action publique, d’implication des intellectuels et la société civile dans la détermination et la conduite des politiques éducationnelles et culturelles.
- à l’échelle internationale, de l’aide internationale en matière d’éducation, du transfert des technologies, de la politique des brevets et plus généralement du droit à la propriété intellectuelle et industrielle, de la libre circulation, entre les pays des deux rives, des scientifiques, chercheurs, doctorants etc.
Déjà, en mai dernier, le CMIESI avait clôturé son forum par une séance plénière consacrée à la question d’«Education, formation et enseignement supérieur en Méditerranée ». Il rappellera avec force dans sa déclaration finale que « C’est autour de la Méditerranée qu’est né … (un) système d’enseignement supérieur ..qui a évolué jusqu’à nos jour., C’est cette tradition de coopération qu’il faut revivifier en écartant les éléments de tensions qui existaient d’ailleurs déjà, il y a un millénaire »
Il est également important d’initier une réflexion sur les modalités idoines pour aider à l’éclosion de pôles universitaires euro-méditerranéens pérennes et efficients. La création de l’EMUNI en Slovénie constituant incontestablement un premier maillon significatif et prometteur. D’autres pôles, notamment au sud, doivent voir le jour et consolidés. Ainsi, la décision de la création d’une université euro-méditerranéenne à Fès, ce pôle universitaire millénaire, ayant été prise. Il va falloir s’atteler à sa mise en place prompte et effective.
Ce troisième forum de Fès, se veut, à l’instar des deux premiers, une occasion pour que des spécialistes, des universitaires, des politiques, des diplomates, des journalistes, des acteurs de la société civile des deux rives de la Méditerranée et d’ailleurs, se réunissent pour débattre, échanger leurs vues, analyser et réfléchir à cette thématique cardinale de nos sociétés méditerranéennes contemporaines. La gravité des enjeux, l’importance des défis lancés nous poussent à croire que l’esprit de responsabilité des uns et des autres prévaudra sur la langue de bois, les préjugés et autres dogmatismes. |
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